
Alors qu’élèves et professeurs font leur rentrée, la Commission européenne dresse un état des lieux des récents investissements dans l’éducation. Le rapport Investir dans l’enseignement 2026 rassemble les données disponibles les plus récentes, allant jusqu’à l’année 2024.
Il en résulte qu’en 2024, les États membres de l’UE ont alloué en moyenne 4,8 % de leur produit intérieur brut (PIB) à l’enseignement. L’enseignement représentait environ 9,7 % de l’ensemble des dépenses publiques. Cela reste légèrement moins qu’avant la pandémie : en 2019, 10 % des dépenses publiques finançaient l’éducation.
La Belgique investit dans l’enseignement
La Belgique est clairement au-dessus de la moyenne européenne. En 2024, 6,3 % de son PIB allait à l’enseignement, contre 4,8 % dans l’UE. Dans le total des dépenses publiques, la part des dépenses consacrées à l’éducation est également plus importante en Belgique qu’ailleurs : 11,7 %, contre 9,7 % en moyenne dans l’UE.
Une grande partie de ces fonds ont trait au personnel. En 2024, à l’échelle de l’UE, les dépenses de personnel — salaires, cotisations sociales, etc. — représentaient 63 % des dépenses publiques en matière d’enseignement. En Belgique, cette part s’élevait à 82 %, soit le pourcentage le plus élevé de l’UE.
De gros investissements dans l’éducation et la formation ont également été réalisés au titre des politiques européennes de relance. La Belgique a alloué à l’enseignement et aux compétences 1 202,3 millions d’euros de son budget au titre du plan européen de relance en faveur de la Belgique (et via la facilité européenne pour la reprise et la résilience, l’instrument d’investissement de NextGenerationEU). Cela représente 22,8 % du budget total de la Belgique, l’un des pourcentages les plus élevés de l’UE.
Ces chiffres montrent l’importance accordée au personnel dans les dépenses d’éducation. Mais investir dans les enseignants va bien au-delà d’investir dans leurs salaires.
Une profession attrayante nécessite plus qu’un bon salaire
En Europe, plus de trois enseignants sur quatre choisiraient à nouveau ce métier. Cependant, les données montrent que divers facteurs déterminent l’attractivité de la profession.
Le salaire joue un rôle important : les personnes qui sont satisfaites de leur salaire ont plus de chances d’indiquer qu’elles choisiraient à nouveau la profession. Cela étant, un environnement de travail favorable, une image positive du métier d’enseignant et des possibilités de travailler avec des collègues sont autant de facteurs positifs. Le stress au travail a l’effet inverse : plus la charge de travail et le stress sont importants, moins il y a de motivation pour continuer à travailler dans le secteur.
On observe par ailleurs une évolution significative chez les enseignants en début de carrière, ayant moins de 5 ans d’expérience. Entre 2018 et 2024, en Belgique, la part de l’enseignement comme premier choix de carrière a diminué de 9,3 points de pourcentage. En Flandre, la baisse a été encore plus forte, s’établissant à 16 points de pourcentage. Attirer et soutenir de nouveaux enseignants puis les garder en poste reste donc un défi important.
L’expérience compte, mais prend du temps
Un salaire attractif peut y contribuer. Dans les systèmes éducatifs de six pays européens, les salaires légaux en fin de grille salariale sont supérieurs au salaire moyen des travailleurs ayant un niveau d’éducation similaire. Ces pays sont le Luxembourg, les Pays-Bas, la Grèce, l’Espagne, l’Irlande et la Belgique.
Il est néanmoins à noter qu’il faut en moyenne plus de 15 ans d’expérience pour atteindre le sommet de cette grille salariale. En Flandre, cela prend même 36 ans.
Investir dans les personnes et les compétences
Les chiffres font donc ressortir un double message. L’Europe et la Belgique investissent beaucoup dans l’enseignement, mais ces investissements doivent également se traduire par une profession attractive pour les personnes qui veulent donner des cours aujourd’hui et à l’avenir.
Cela devient d’autant plus important que nombre de systèmes éducatifs souffrent actuellement de pénuries d’enseignants. Le futur programme de l’UE pour les enseignants et les formateurs, qui fera partie de l’union des compétences, aidera les États membres à faire face à ces difficultés.
Plus d’info
- Communiqué de presse
- Rapport «Investir dans l’enseignement 2026»
- Sur l’investissement dans une éducation et une formation de qualité
- Date de publication
- 1 septembre 2026
- Auteur
- Représentation en Belgique