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Représentation en Belgique

Le pneu auto-réparant bientôt commercialisé, grâce à l’Europe

Vous roulez tranquillement quand soudain, vous crevez un pneu ? Ce sera bientôt fini. Avec le soutien de l’UE, l’entreprise belge Healant produit des pneus autoréparants qui réduisent la production de déchets et contribuent à l’économie européenne.

  • Article d’actualité
  • 22 juin 2026
  • Représentation en Belgique
  • 4 min de lecture
Shinto main fr

 

Vous préférez le son et l’image au texte? Vous trouverez le reportage vidéo en bas de page.

Cela nous est déjà arrivé à toutes et à tous lorsque nous roulons en voiture ou à vélo : nous filons à un rendez-vous important quand soudain, c’est la crevaison ! Frustrant et absolument pas durable, puisque nous devons trop souvent jeter le pneu et le remplacer.

Des chercheurs de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) ont estimé qu’on ne pouvait pas continuer comme cela. Avec le soutien de l’Union européenne, ils ont mis au point une technologie révolutionnaire qui permet aux pneus de se réparer eux-mêmes. Ces recherches ont débouché sur la création de Healant, une entreprise qui commercialise cette technologie, d’abord pour les pneus de vélo, et qui prévoit de l’étendre ensuite aux pneus de voiture.

Notre monde moderne repose parfois sur des technologies particulièrement vulnérables. Simon Beckers, le CEO de Healant, expose le problème : « Une simple déchirure ou une perforation suffisent souvent pour devoir jeter un produit. C’est encore la culture de l’usage unique qui prévaut, ce qui produit d’énormes quantités de déchets et consomme beaucoup de matières premières ».

S’inspirer du corps humain

Pour briser ce cercle vicieux, l’équipe s’est mise en quête d’une solution scientifique qu’ils ont trouvée dans les matériaux autoréparants : une technologie qui détecte les dommages et les répare automatiquement. Le chercheur de la VUB Joost Brancart, qui s’intéresse depuis 15 ans aux matériaux autoréparants et à leurs applications, établit un parallèle intéressant : « On peut comparer ça au fonctionnement du corps humain : en cas de blessure ou de jambe cassée, notre corps entame spontanément un processus de réparation ».

Healant applique ce principe aux pneus de vélo. Une substance est appliquée sur la face intérieure du pneu. Si un clou ou un caillou pointu perfore le caoutchouc, le trou se referme automatiquement et immédiatement.

Les applications s'étendent également bien au-delà des seuls vélos et voitures. Les autobus, les camions et d’autres véhicules pourraient également être équipés de pneus autoréparants. Et à long terme, on peut imaginer que les toitures se réparent aussi toutes seules.

Des essais en laboratoire
Des essais en laboratoire

Une durée de vie plus longue et une réduction des déchets

Si les matériaux se réparent eux-mêmes, ils dureront beaucoup plus longtemps : il faudra alors produire, transporter et transformer moins de pneus, ce qui permettra d'économiser à la fois des matières premières et de l'énergie.

Selon Anastasia Klimenko, responsable du développement chez Healant, l’impact des matériaux autoréparants est potentiellement énorme : « Imaginez qu’un million de pneus par an se réparent de la sorte, cela réduit fameusement la quantité de déchets ».

Des essais en laboratoire
Des essais en laboratoire

Passer du laboratoire au marché

Le fossé entre un prototype universitaire et la commercialisation d’un produit est souvent difficile à franchir. Les entreprises hésitent en effet à réaliser les investissements nécessaires et risqués. Grâce à des subsides européens et à un accompagnement professionnel – via le Conseil européen de l'innovation – Healant a pu réussir cette transition. « Grâce à l’Union européenne, nous avons pu mener une étude de marché », explique Anastasia. « Cela nous a permis d’accélérer et de passer de la recherche à la conception d’un produit quasiment commercialisable ».

Cette innovation prouve qu’il est payant d’investir dans la recherche et le développement européens dans les secteurs de la chimie et de la technologie. Simon Beckers ajoute : « En développant des technologies avancées, en les faisant monter en gamme et en les commercialisant ici, nous gardons nos précieuses connaissances en Europe et nous renforçons notre économie ». De tels projets permettent de faire le lien entre les labos de recherche et le marché, et d’évoluer vers un avenir plus durable, sans fausses notes et sans pneus crevés.

Découvrez notre reportage vidéo avec les témoignages d’Anastasia Klimenko (Healant), Simon Beckers (Healant) et Joost Brancart (VUB).

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Date de publication
22 juin 2026
Auteur
Représentation en Belgique