
La Commission européenne continue de privilégier une approche de la migration claire et à visage humain : pour offrir une protection aux personnes qui fuient la guerre et les persécutions, tout en empêchant les abus. La stratégie vise en outre à mieux adapter la migration légale aux besoins sociaux et économiques. Une approche dont la mise en œuvre bénéficie d’un important soutien financier au titre du budget européen à long terme : une enveloppe d’au moins 81 milliards d’euros est en effet allouée à la politique en matière d’asile et de migration.
Depuis 2023, la migration illégale a diminué de moitié environ. La nouvelle stratégie, qui servira de boussole pour les cinq prochaines années, entend encourager cette évolution de manière durable.
Des frontières modernes et des procédures fluides
Une politique migratoire efficace commence aux frontières extérieures. C’est pourquoi l’Europe investit dans des systèmes numériques assurant la visibilité et l’efficacité. Le système d’entrée/sortie (EES) enregistre les entrées et sorties des ressortissants de pays tiers, tandis que l’ETIAS rassemble les informations relatives aux personnes dispensées de visa avant leur voyage. L’interopérabilité des systèmes informatiques sera pleinement assurée d’ici à 2028. Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, continuera d’apporter son soutien aux pays de l’UE et de l’espace Schengen et verra son mandat renforcé.
Un système d’asile qui protège et accompagne
Le Pacte sur la migration et l’asile constitue le socle de l’approche européenne. Il allie protection en faveur des personnes qui en ont besoin, procédures claires et solidarité entre États membres. Des équipes spécialisées par pays et des financements supplémentaires aideront les États membres à gagner en efficacité. Les pays soumis à une forte pression bénéficieront d’un soutien supplémentaire grâce à la coopération et au financement européens. La liste des pays d’origine sûrs, dressée par l’Union, ainsi que la numérisation, permettront une prise de décisions plus rapide et plus éclairée.
Dès qu’une personne n’a plus droit de séjour dans l’Union, cela implique un retour dans des conditions correctes et dans le respect de la dignité humaine. Ce processus est encore trop souvent laborieux : seule une personne sur quatre ayant fait l’objet d’une décision de retour quitte effectivement le territoire de l’UE. L’Europe veut améliorer cette situation, en mettant en place un cadre commun, en renforçant la coopération avec les pays d’origine et en rendant les procédures plus efficaces.
La question de la migration nécessite une coopération internationale. C’est pourquoi l’Europe renforce les partenariats avec les pays qui se trouvent le long des routes migratoires et avec les pays d’origine des migrants. Cette coopération permet d’offrir une protection plus près de la région d’origine, prévient l’utilisation d’itinéraires dangereux et lutte contre le trafic d’êtres humains. La diplomatie, le développement et la politique migratoire sont ainsi intégrés dans une approche unique élargie.
Politique de visa : plus de cohérence et de clarté
Avec sa toute première stratégie en matière de visas, l’Union privilégie une approche plus cohérente des déplacements à destination de l’Europe. Un nouveau cadre d’évaluation analysera la réglementation en vigueur. En cas de réactions hostiles, de fraude ou d’absence de coopération, l’Union pourra prendre des mesures.
L’Europe resserre le lien entre l’assouplissement des conditions en matière d’octroi de visas et les engagements en matière de retour, de sécurité et de coopération. Dans le même temps, l’Union facilite les voyages effectués de façon légitime grâce à la numérisation des procédures, l’allongement de la durée de validité du visa pour les voyageurs de bonne foi et la fluidité des itinéraires pour le tourisme et les voyages d’affaires. La transition entre études et marché de l’emploi au sein de l’Union et la mobilité entre les États membres seront également facilitées.
Faciliter la mobilité des talents et des compétences
Parallèlement à la protection et à des règles claires, l’Europe mise délibérément sur la migration légale. Les étudiants, les chercheurs, la main-d’œuvre qualifiée et les entrepreneurs innovants sont les bienvenus. Des procédures accélérées, de meilleures informations et une plus grande coopération avec les pays partenaires devraient préserver l’attrait de l’Europe dans la course aux talents.
Des initiatives telles que les partenariats pour les talents et une plateforme européenne des talents (réservoir européen de talents) contribuent à répondre aux besoins en main-d’œuvre, une attention particulière étant accordée au respect des conditions d’emploi équitables et à l’intégration.
Tous ces éléments font partie du renforcement d’une diplomatie migratoire affirmée qui promeut les intérêts et les valeurs de l’UE. Le Commissaire européen Brunner, en charge des Affaires intérieures et de la Migration, l’a d’ailleurs souligné dans son discours à l’UCSIA (Anvers) le 2 février 2026 : « La diplomatie migratoire consiste également à protéger notre autonomie européenne et nos frontières en affirmant nos intérêts lors de discussions avec des partenaires internationaux. Par exemple, nous attendons des pays tiers qu'ils collaborent à la réadmission de leurs ressortissants séjournant dans l'UE sans autorisation légale. Nous avons le pouvoir de soutenir cette démarche, à condition d'agir ensemble en tant qu'Union européenne. Après tout, nous sommes le principal partenaire commercial d'environ 80 pays, et les visas pour l'UE sont très recherchés partout dans le monde. »
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Détails
- Date de publication
- 29 janvier 2026
- Auteur
- Représentation en Belgique