
Le constat est sans appel : cocaïne et drogues de synthèse sont de plus en plus facilement accessibles ; les itinéraires de trafics évoluent constamment, les criminels opèrent de plus en plus en ligne ; le nombre de victimes – notamment parmi les jeunes – ne cessent d’augmenter. L’impact sur la santé s’aggrave, tout comme l’impact sur l’environnement : la production d'un kilo de MDMA génère 58 kilos de déchets toxiques.
Une nouvelle stratégie européenne en matière de drogue
Cette stratégie repose sur 5 piliers :
- Réagir plus vite face aux nouvelles menaces : grâce à une amélioration de la collecte de données, du suivi, de l'alerte précoce et des mesures de réaction rapide au niveau de l'UE comme au niveau national. Cela passe notamment par un mandat renforcé de l’Agence de l’UE sur les drogues (EUDA).
- Santé publique : renforcer les mesures de prévention, de traitement et de réinsertion à travers des initiatives telles qu’Ensemble, en meilleure santé, et avec le soutien de EUDA.
- Renforcer la sécurité : avec des règles plus strictes pour lutter contre la criminalité organisée. Parmi les actions clés : une nouvelle stratégie portuaire ; le renforcement de la coopération public-privé afin d'améliorer la détection des drogues introduites clandestinement dans l'UE via les services postaux et la livraison de colis ;
- Prévenir les dégâts et dommages : plan d'action mise à disposition d’outils pour lutter efficacement contre le recrutement et mieux protéger les mineurs. Des travaux sont également en cours pour limiter les dommages et mettre en place un système visant à réduire l'impact du trafic de drogue sur les quartiers, les communautés et sur l'environnement.
- Renforcement de la coopération internationale. L'UE coopérera avec les pays partenaires et intensifiera le dialogue avec le secteur privé et la société civile.
Un plan d'action contre le trafic de drogue
Le plan d'action complète la stratégie à travers 19 mesures concrètes parmi lesquelles : l’extension des opérations du Centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants (MAOC-(N)) pour perturber plus encore le trafic maritime de drogue ; la mise en place d’une plateforme d'experts à l'échelle de l'UE pour lutter contre le recrutement en ligne, notamment des jeunes ; l'EUDA soutiendra les États membres sur le plan opérationnel au moyen d'une nouvelle base de données sur les substances à l'échelle de l'UE ; prévu pour 2026, un nouveau campus dédié à la sécurité et à l'innovation donnera un nouvel élan à la recherche et à l'innovation.
Police, justice et douanes collaboreront plus étroitement encore. Europol renforcera son soutien opérationnel aux États membres, en assurant un suivi plus systématique des marchés numériques de la drogue et en coordonnant les enquêtes transnationales visant à démanteler les réseaux criminels impliqués dans le trafic de drogue. L'Agence européenne des drogues (EUDA) aidera les États membres à apporter des réponses fondées sur des données probantes aux nouveaux défis liés à la drogue. Frontex renforcera son soutien aux États membres en matière de surveillance des frontières extérieures, notamment au moyen de technologies de surveillance avancées et d'outils d'appréciation de la situation, en améliorant la détection et la prévention du trafic transfrontière de drogue.
L'UE prend également des mesures en dehors de l'Europe, notamment en renforçant la résilience des ports des pays partenaires face au trafic de drogue, perturbant ainsi les routes commerciales.
Précurseurs de drogues
La Commission veut également mieux surveiller et contrôler l'utilisation des précurseurs de drogues, ces substances chimiques utilisées pour la fabrication illicite de produits stupéfiants et substances psychotropes. Les règles seront renforcées et simplifiées : la notification en temps réel des saisies importantes de précurseurs de drogues, procédure d'urgence pour un contrôle plus rapide des substances, une interdiction des précurseurs de synthèse... Dans le même temps, l'initiative simplifiera et numérisera les processus pour le commerce légitime, en veillant à ce que les industries puissent prospérer sans charges réglementaires excessives.
Plus d’info
- Date de publication
- 4 décembre 2025
- Auteur
- Représentation en Belgique