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Représentation en Belgique

La lutte pour la démocratie commence dans les salles de classe

Par Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée des droits sociaux et des compétences, des emplois de qualité et de l’état de préparation, et Mattias Tesfaye, ministre danois de l’enfance et de l’éducation.

  • 22 septembre 2025

C'est pourquoi la citoyenneté est une compétence si importante. Nous savons tous que la maîtrise de la lecture et de l'écriture, les mathématiques, les sciences et les compétences numériques sont des compétences essentielles. Mais chaque jeune Européen devrait également apprendre à s'engager de manière responsable dans la vie civique, à réfléchir de manière critique au monde qui l'entoure et à participer activement à la démocratie. La citoyenneté n'est pas une option supplémentaire, elle est cruciale pour nos sociétés européennes modernes. 

Aujourd’hui, 74 % des habitants de l’Union européenne se considèrent citoyens de l’Union, un niveau jamais atteint jusque-là. Deux citoyens sur trois pensent que les Européens ont, entre eux, plus de points communs que de différences. Si ces chiffres sont encourageants, l’équilibre est fragile. La démocratie ne peut jamais être considérée comme acquise. Partout sur le continent, la polarisation et la désinformation progressent, tandis que la confiance dans les institutions s’amenuise. À l’heure où l’Europe renforce ses capacités de défense et de sécurité, il est tout aussi important que nous développions notre résilience démocratique et parvenions à une compréhension commune de ce que nous sommes. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que les prochaines générations défendent la démocratie simplement parce que nous-mêmes l’avons fait, sans leur donner les outils nécessaires pour relever ces défis.

La citoyenneté et le sentiment commun d’identité européenne doivent être enseignés, entretenus et vécus. Il s’agit donc de donner à nos jeunes la possibilité de s’interroger, d’exercer leur esprit critique, de pouvoir tenir des raisonnement complexes et de se sentir appartenir à quelque chose de plus grand. La démocratie n’est pas uniquement l’affaire des parlements ou des tribunaux, il s’agit aussi de «nous»: nous partageons une histoire, une culture et des valeurs qui méritent d’être transmises.

Le rôle essentiel d’Erasmus+

La citoyenneté est une force qu’il faut faire naître à l’école dès le plus jeune âge. Partout sur le continent, les enseignants et les formateurs travaillent sans relâche pour que les enfants et les jeunes maîtrisent l’orthographe, le calcul et la logique. Disposer d’un socle solide et stable de compétences de base permet aux jeunes de progresser dans leur éducation, leur carrière et leur vie, qu’ils rêvent de devenir charpentiers ou cardiologues. Au-delà de l’éducation à strictement parler, les systèmes scolaires européens sont aussi la base grâce à laquelle les jeunes peuvent penser de manière analytique, réfléchir de manière critique et, en définitive, devenir des citoyens compétents et confiants à l’égard des démocraties. 

Le programme «Erasmus+» a un rôle essentiel à jouer dans cette évolution: il est l’une des réussites les plus importantes et les plus appréciées de l’Europe. À ce jour, plus de 16 millions de personnes ont participé à ce programme qui a fait naître de nombreuses générations de jeunes dotés d’une véritable identité européenne. Il s’est imposé dans les esprits en élargissant les possibilités d’éducation pour de nombreux jeunes. Il a su les toucher au cœur en leur montrant différents modes de vie, en leur permettant de s’immerger dans différentes cultures, d’une manière propre à enrichir et à renforcer la compréhension mutuelle entre les Européens. Notre gastronomie et nos goûts musicaux diffèrent, mais nous partageons un socle commun de valeurs. Nous devons faire en sorte que cela continue.

Aujourd’hui, les jeunes qui n’ont pas accès aux précieuses possibilités de mobilité offertes par Erasmus+ sont encore trop nombreux. Cela doit changer. Il est temps de faire preuve d’audace. Les programmes qui se sont révélés être des réussites, à l’instar d’Erasmus+, doivent se poursuivre et accroître encore leur rayonnement social et éducatif. Chez les jeunes élèves, et peut-être même dès l’école primaire, une expérience à l’étranger (même d’une semaine) peut s’avérer une expérience de vie déterminante, en particulier pour ceux qui n’auraient pas d’autres occasions de quitter leur ville ou leur pays. Une telle expérience peut favoriser l’ouverture d’esprit, éveiller la curiosité et faire germer ce sentiment vital d’appartenance européenne. Notre vision est claire: quelle que soit son histoire ou son origine, chaque enfant européen mérite d’avoir la possibilité de découvrir ce qui l’unit à l’Europe, sur son passeport comme dans son cœur. Le prochain programme Erasmus+ jouera un rôle important à cet égard.

Participation des jeunes à la conférence européenne de la jeunesse à Copenhague

Du 21 au 23 septembre, des jeunes issus de toute l’Europe se réuniront à Copenhague pour la conférence européenne de la jeunesse, pierre angulaire du dialogue de l’Union en faveur de la jeunesse. Le thème de cette année, à savoir l’avenir d’Erasmus+, est axé sur ce qui importe le plus aux jeunes Européens: les opportunités, l’inclusion et l’appartenance. Personne ne peut connaître mieux qu’eux les difficultés auxquelles ils sont confrontés et leurs ambitions pour l’avenir. C’est pourquoi les responsables politiques doivent non seulement écouter ce qu’ils ont à dire, mais aussi être disposés à agir.

Les budgets et les régiments ne suffisent pas à défendre l’Europe. Celle-ci doit vivre dans l’esprit et le cœur de sa population. Pour assurer notre avenir, il ne s’agit pas seulement de protéger des frontières, mais aussi de protéger des valeurs: la démocratie, la solidarité et la liberté. Ce travail commence dans les salles de classe, dans les programmes d’échange et dans les expériences quotidiennes qui permettent de faire naître chez les jeunes un sentiment d’appartenance à l’Europe. La prochaine génération ne défendra l’Europe que si elle a réellement le sentiment d’en faire partie. Faisons en sorte que ce soit le cas.