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Représentation en Belgique

Un nouveau chapitre pour les relations commerciales transatlantiques: un accord solide, bien qu’imparfait

Par Ursula von der Leyen, Presidente de la Commission européenne.

  • 25 mai 2025

Les droits de douane sont, selon nous, des taxes infligées aux consommateurs et aux entreprises. Ils augmentent les coûts, réduisent le choix et rendent les économies moins compétitives. En imposant à notre tour des droits de douane en représailles, nous risquerions de déclencher une coûteuse guerre commerciale, qui aurait des conséquences négatives pour nos travailleurs, nos consommateurs et nos industries. Et une escalade ne changerait rien à la réalité suivante: les États-Unis maintiendraient malgré tout leur régime de droits de douane plus élevés et plus imprévisibles.

Un taux unique

L’élément le plus important de notre accord est que nous avons tracé une limite très claire à 15 % sur la grande majorité des produits de l’UE, y compris les voitures et les produits pharmaceutiques. En fixant clairement un plafond de droits de douane tout compris, cet accord est source de clarté et de stabilité pour les millions d’Européens qui gagnent leur vie grâce au commerce avec les États-Unis.

Quinze pour cent, c’est le taux de droits de douane pour l’Union européenne, et c’est un taux tout compris. L’UE est la seule à bénéficier d’un tel plafond tarifaire tout compris. Quinze pour cent et rien de plus. Cela tranche avec les accords conclus par les États-Unis avec d’autres pays, dans le cadre desquels les nouveaux taux de base s’ajouteront aux anciens droits de douane déjà en place. Les biens européens entreront donc sur le marché américain à des conditions plus favorables, donnant aux entreprises de l’UE un avantage certain.

Nous sommes également les seuls partenaires à avoir obtenu une garantie exclusive sur la limite tarifaire pour les secteurs des produits pharmaceutiques, des semi-conducteurs et du bois.

En outre, nous avons obtenu des droits nuls sur des produits stratégiques, tels que les pièces pour aéronefs et les médicaments génériques. Ce ne sont pas des catégories abstraites ; elles sont cruciales pour la compétitivité de l’Europe. Maintenir ces produits exempts de droits de douane renforce aussi bien l’UE que les États-Unis. Et nous sommes déterminés, de part et d’autre de l’Atlantique, à œuvrer à l’élargissement de cette liste.

Dans le même temps, l’UE est restée ferme sur ses principes fondamentaux. Nos règles demeurent inchangées. C’est à nous qu’il appartient de décider comment préserver au mieux la sécurité alimentaire, protéger les citoyens européens en ligne et garantir la santé et la sécurité. Cet accord protège nos valeurs tout en défendant nos intérêts.

Une histoire à écrire

Cet accord marque la fin d’un chapitre, mais l’histoire de la prospérité future de l’Europe reste à écrire. Parmi nos relations économiques, celle que nous entretenons avec les États-Unis est certes la plus importante, mais il faut la replacer dans un panorama beaucoup plus vaste. Si les États-Unis sont la première destination du commerce européen, ils ne représentent qu’environ 20 % de nos exportations de biens.

C’est pourquoi l’Europe continuera de renforcer et de diversifier ses liens commerciaux avec des pays des quatre coins du monde afin de générer des exportations, de la croissance et des emplois européens. C’est pourquoi, ces derniers mois, nous avons conclu des accords commerciaux avec le Mexique et le Mercosur, et resserré nos liens avec la Suisse et le Royaume-Uni. C’est pourquoi nous avons mené à bien nos négociations avec l’Indonésie et nous entendons conclure un accord avec l’Inde d'ici à la fin de l’année. Ces partenariats renforcent nos liens de confiance et de coopération et nous permettent de travailler en vue de relever les défis mondiaux communs, y compris la modernisation du système commercial fondé sur des règles.

Avant tout, l’Europe doit renforcer sa propre capacité à agir dans un monde plus instable. Et cela commence sur son propre territoire, en achevant son marché unique. Comme l’a très justement déclaré Mario Draghi, "les barrières internes élevées et la fragmentation réglementaire nuisent bien plus à la croissance que n’importe quel droit de douane imposé par un pays tiers".

Actuellement, les volumes d’échanges commerciaux entre États membres de l’UE représentent moins de la moitié de ceux entre États américains. Si l’Europe veut exploiter son potentiel, c’est là le défi le plus urgent à relever. De l’allègement des formalités administratives au développement des services transfrontières, nous savons ce qui doit être fait pour stimuler la compétitivité européenne et cette Commission européenne est résolument déterminée à l’accomplir.

L’Europe reste focalisée sur le long terme. Il n’appartient qu’à nous d’achever notre marché unique, de renforcer notre compétitivité et la durabilité des industries de demain, et de faire en sorte que l’Europe demeure un pilier de la stabilité dans un monde de plus en plus incertain. Si nous voulons une Europe forte et indépendante, il nous faut faire preuve de l’ambition et de l’unité nécessaires pour lui donner corps.